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Il n’y a pas de maison vide

Pas de maison de famille, repère joyeux de vacances d’été. Celle qui en tint lieu pendant un temps, elle a été construite en parpaings, adaptée à des séjours saisonniers, juste confortable, en tout cas pratique ; ce qu’on a accroché aux murs était récent, acheté au marché du dimanche ou dans les boutiques à touristes de la côte ; une horloge quand même, un bahut, une table épaisse qu’on devait à la passion du grand-père, importés depuis Dijon dans la charrette attelée à la voiture ; c’était l’époque d’après la caravane, quand le camping était devenu trop inconfortable. Il y avait des rituels, des habitudes, des horaires et même tout un vocabulaire spécifique : aller à la Grande Plage, passer par la forêt…

Nous l’avons vendue… Je l’ai nettoyée et vidée avec Lise, quand le grand-père s’est déclaré trop vieux et trop seul pour faire encore le voyage.

La maison de mes parents n’était pas une maison de famille : en dehors des fêtes de Noël, il n’y avait généralement, par ci, par là, que les uns ou les autres. On n’y allait pas en été, la région de Hauteville ne présentait aucun charme pour des séjours estivaux. Une maison des années 70, un peu rustique, mal fichue mais spacieuse, et sans grâce. Mes parents l’ont fait construire quand ils en ont eu besoin. Point.

Nous l’avons vendue, avec l’accord du grand-père qui n’y est pas retourné depuis sa chute : il a dû renoncer, abandonner, oublier tout ce qu’il avait construit. Et on a vendu…

  Il n’y a pas de maison vide,  pas de maison de famille.