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Belvédère d’hiver… Bosshaïku

Ce qui a guidé l’écriture de la deuxième chanson, c’est une forme littéraire dont Célio, je ne sais pourquoi, avait eu l’idée : celle du haïku. Une forme brève, simple, mais qui demande justement subtilité et finesse. Tout est question de regard : c’est l’art de saisir les détails qui disent un tout.

Écrire des haïkus me plaît : j’aime les formes concises, allusives, qui laissent planer une question, un doute, une impression. J’en ai écrit un certain nombre, mais j’en avais perdu l’habitude.

Il fallait donc écrire cinq strophes, avec une succession de vers de cinq et sept syllabes, et aussi délimiter un univers. Selon la tradition japonaise, il doit être celui de la nature et des saisons.

Alors, on a bavardé. J’ai jeté un œil à ma terrasse en mode hivernal, Célio m’a montré des photos de Rio prises depuis le belvédère de la Vista Chinesa, on a parlé de l’hiver à Rio, de l’absence des touristes, d’une teinte terne, d’un monde un peu engourdi. Nous étions aussi à la recherche d’un « crochet », d’une formule pour un titre qui retienne l’attention : d’où Belvédère d’hiver — assonances ! — ainsi que les sonorités et les rythmes un peu nostalgiques d’une bossa.

Et ensuite : mélodie, partition, texte écrit sur la partition, va-et-vient, ajustements et mise en place de structures spécifiquement musicales.

Voilà pour les paroles. Quand je questionne Célio sur l’origine de la mélodie, il ne veut pas répondre : trop complexe, dit-il, trop nourrie d’influences de toutes sortes, impossibles à démêler.